Des chantiers navals à l’horlogerie de précision : échanges entre Saint-Nazaire et Neuchâtel

Le projet d’échange entre le CPNE-TI et le Lycée professionnel Heinlex de Saint-Nazaire a permis à des enseignants et des élèves des deux pays de découvrir de nouvelles pratiques, de partager leurs expériences et de renforcer les liens entre les deux établissements.

Saint-Nazaire, France

La ville de Saint-Nazaire est située sur l’estuaire de la Loire, au bord de l’océan Atlantique. Marqué par la construction navale et aéronautique, son tissu économique semble a priori éloigné de celui du canton de Neuchâtel. La place qu’y occupe la technique industrielle est pourtant un point commun entre nos deux régions. Un échange réciproque sous forme de jobshadowing est donc profitable aux enseignant-e-s professionnel-le-s de part et d’autre, afin de comprendre les spécificités et la manière de travailler d’une école tournée vers des domaines techniques différents. Surtout si des élèves y prennent également part.

 

Le projet d’échange entre le pôle Technologies et Industrie du Centre de formation professionnelle neuchâtelois (CPNE-TI) et le Lycée professionnel Heinlex, soutenu par l’agence fédérale Movetia, a débuté concrètement à l’automne 2024, lorsque deux enseignantes de Saint-Nazaire sont venues découvrir le CPNE. Dans un deuxième temps, deux enseignants neuchâtelois ont passé environ une semaine à Saint-Nazaire, au mois de mai 2025. Luc Wüthrich et Antoine Roy ont visité non seulement leur établissement partenaire, mais aussi plusieurs entreprises, notamment une laiterie et les alentours des Chantiers de l’Atlantique – expérience marquante, qui leur a donné l’occasion de monter à bord d’un sous-marin ouvert au public.

 

Selon Luc Wüthrich et Antoine Roy, l’ambiance de travail au Lycée professionnel Heinlex paraît très bonne, les élèves sont motivé-e-s et impliqué-e-s. Cet échange a permis de constater certaines différences entre les pratiques scolaires des deux pays. En France, la formation est plus académique, avec une approche technique plus générale et moins détaillée. Les équipements utilisés sont plus anciens et l’organisation semble plus flexible. À l’inverse, la formation suisse met davantage l’accent sur la précision et les détails techniques.

Plus récemment, en mars 2026, trois enseignants et deux élèves français se sont rendus à Neuchâtel. Les élèves ont été intégrés directement dans les cours du CPNE-TI, tandis que les enseignants étaient libres d’assister à différentes activités. Ils en ont profité pour prendre part à des séances pédagogiques, visiter le pôle et découvrir ses différentes sections. Durant leur séjour, plusieurs visites d’entreprises ont été organisées, sans oublier les sorties culturelles, au Musée d’horlogerie du Locle ou au Creux-du-Van. Les spécialités culinaires neuchâteloises et le charme du bord du lac ont également été très appréciés.

De l’avis de tous, l’échange s’est très bien déroulé, autant pour les partenaires suisses que français. La comparaison des approches industrielles a fréquemment été au menu des conversations : en Suisse, les professionnel-le-s travaillent davantage sur des systèmes de petite taille et de haute précision, comme en horlogerie ou en machines-outils, tandis qu’en France, les projets sont souvent de grande envergure, liés par exemple à la construction navale ou aéronautique. De part et d’autre, l’accueil chaleureux, les moments conviviaux et les échanges stimulants ont ponctué ces expériences enrichissantes.