Un stage d’observation dans les écoles de Dakar, Sénégal

Dans le cadre du programme jobshadowing de Movetia, Félicie Meyer, enseignante au CPNE-2S, s’est rendue à Dakar pour observer le fonctionnement de plusieurs établissements scolaires sénégalais. Cette immersion lui a permis de découvrir un système éducatif différent, d’échanger avec des enseignant·e·s locaux et d’enrichir sa pratique professionnelle.

Dakar, Sénégal

Le jobshadowing, ou stage d’observation, consiste à s’immerger dans une autre réalité professionnelle pour découvrir une manière différente de travailler. Cette approche permet, par exemple, de comprendre comment se pratique l’enseignement dans différents établissements scolaires d’un autre pays. C’est une expérience de ce type qu’a choisi Félicie Meyer, enseignante au pôle de compétence Santé et Social du centre de formation professionnelle neuchâtelois (CPNE-2S), dans le cadre du programme jobshadowing de Movetia. Destination : Dakar, la capitale du Sénégal.

 

Félicie Meyer a visité plusieurs écoles, en commençant par un stage au lycée privée ESIEX, spécialisé dans le domaine scientifique, suivi du lycée public Galandou Diouf. Après avoir rencontré les membres des directions, elle a observé plusieurs cours, notamment de mathématiques et de chimie, mais aussi des cours spécifiques de révisions pour les classes de terminales en mathématiques ainsi qu’en philosophie. Elle a également participé à l’animation d’un groupe d’analyse de pratique « enseignant-e-s – parents », où les situations vécues sont discutées et les expériences partagées. Un moment de partage avec plusieurs membres de l’inspection scolaire et responsables de l’éducation lui a permis de mieux comprendre le cadre institutionnel et les politiques éducatives en place.

 

L’enseignante neuchâteloise a découvert une réalité bien différente, quoique les fondamentaux du métier restent les mêmes. Les collègues sénégalais-es s’efforcent d’être disponibles pendant les vacances, en proposant des cours de rattrapage facultatifs, mais dont beaucoup d’élèves tirent profit. L’enseignement est très frontal, car les enseignant-e-s disposent de peu de temps pour transmettre toute la matière avant les examens. C’est donc une approche magistrale qui reste privilégiée : l’enseignant-e écrit au tableau, les élèves recopient. Les jeunes se montrent calmes, attentifs et concentré-e-s, au clair avec les enjeux. Les notions de travail et de performance sont très installées dans les mentalités, l’effort étant constamment valorisé.

 

Cette impression a été confirmée par la visite de l’école maternelle Graine d’Éveil, où Félicie Meyer a pu constater que les élèves sont capables de lire dès l’âge de trois ans. Depuis le début de la scolarité, les jeunes sont habitué-e-s à une pédagogie traditionnelle, où l’enseignement frontal et le respect du cadre ont une grande importance. Madame Meyer a présenté à l’ESIEX un cours sur la communication non-violente, qui a suscité un grand intérêt aussi bien auprès des élèves que des membres de la direction et du corps enseignant. Les collègues sénégalais-es se montrent en effet ouvert-e-s à d’autres formes de pédagogie, mais les moyens et le temps à disposition font souvent défaut.

 

Au-delà des observations pédagogiques et des échanges professionnels, ce stage a été une vraie immersion culturelle qui a permis à Félicie Meyer de mieux comprendre les spécificités du système de l’enseignement sénégalais, ainsi que les défis auxquels les professionnel-le-s sont confronté-e-s dans leur quotidien. Ce stage a été pour elle une occasion unique de plonger dans un environnement éducatif différent et de confronter ses compétences à la réalité du terrain.